ENG
Silence spreads like matter.
Here, time has been suspended and frozen in reflections on metal. Aluminum and copper panels stand upright like fragments of a broken world, reflecting a cold spectral light.
The photographs, printed on metal, feel as if they were torn from a memory that no longer belongs to us. They are images that persist stubbornly, surviving even as they are already being eroded by forgetting.
Between these inert, slow and patient surfaces, bronze snails crawl. They are not sculptures but inhabitants. They advance across the abandoned field, determined, triumphant in their millennial fragility.
In the space, scribbled neon lights draw unstable, doodled clouds, like the electric remnants of a sky we forgot to look at. They crackle softly, diffusing a trembling, artificial, almost childlike light.
Between them circulates a sonorous breath, as if the place were breathing. It is a stroll through a frozen landscape, a time without narrative. A room where nothing happens, and yet where everything happens : the wandering of forms, the slowness of materials, the echo of a vanished world.
A place where man is no longer necessary, where other realms take over, patiently, silently.
In Still Nothing Still, Hugo Cantegrel imagines ruins that are not collapse but renewal. Metal, noise, light and bronze come together in a score of survival. Here, immobility is movement. The void is populated. Nothingness persists.
Here, time has been suspended and frozen in reflections on metal. Aluminum and copper panels stand upright like fragments of a broken world, reflecting a cold spectral light.
The photographs, printed on metal, feel as if they were torn from a memory that no longer belongs to us. They are images that persist stubbornly, surviving even as they are already being eroded by forgetting.
Between these inert, slow and patient surfaces, bronze snails crawl. They are not sculptures but inhabitants. They advance across the abandoned field, determined, triumphant in their millennial fragility.
In the space, scribbled neon lights draw unstable, doodled clouds, like the electric remnants of a sky we forgot to look at. They crackle softly, diffusing a trembling, artificial, almost childlike light.
Between them circulates a sonorous breath, as if the place were breathing. It is a stroll through a frozen landscape, a time without narrative. A room where nothing happens, and yet where everything happens : the wandering of forms, the slowness of materials, the echo of a vanished world.
A place where man is no longer necessary, where other realms take over, patiently, silently.
In Still Nothing Still, Hugo Cantegrel imagines ruins that are not collapse but renewal. Metal, noise, light and bronze come together in a score of survival. Here, immobility is movement. The void is populated. Nothingness persists.
FR
Le silence s’étend comme une matière.
Ici, le temps s’est suspendu, figé dans l’éclat métallique de l’aluminium et du cuivre. Des plaques dressées, étendues, accrochées comme des fragments d’un monde défait, réfléchissent une lumière froide et spectrale.
Les photographies, imprimées sur métal, paraissent arrachées à une mémoire qui ne nous appartient plus : des images survivantes, obstinées, mais déjà rongées par l’oubli.
Entre ces surfaces inertes, lentes et patientes, rampent les escargots de bronze. Ils ne sont pas des statues mais des habitants. Ils avancent à travers le champ abandonné, imperturbables, triomphants dans leur fragilité millénaire. Dans l’espace, des néons gribouillés dessinent des nuages instables, griffonnés, comme les vestiges électriques d’un ciel qu’on aurait oublié de regarder. Ils crépitent doucement, diffusant une clarté tremblante, artificielle, presque enfantine.
Entre eu x circule un souffle sonore, comme si le lieu respirait. C’est une déambulation à travers un paysage arrêté, un temps sans récit. Une salle où rien ne se produit, et pourtant où tout advient : l’errance des formes, la lenteur des matières, l’écho d’un monde effacé.
Un lieu où l’homme n’est plus nécessaire, où d’autres règnes prennent la relève, patiemment, silencieusement.
Dans Still Nothing Still, Hugo Cantegrel imagine une ruine qui n’est pas effondrement mais recommencement. Le métal, le bruit, la lueur et le bronze s’accordent en une partition de survivances. Ici, l’immobilité est mouvement. Le vide est peuplé. Le rien persiste.
Ici, le temps s’est suspendu, figé dans l’éclat métallique de l’aluminium et du cuivre. Des plaques dressées, étendues, accrochées comme des fragments d’un monde défait, réfléchissent une lumière froide et spectrale.
Les photographies, imprimées sur métal, paraissent arrachées à une mémoire qui ne nous appartient plus : des images survivantes, obstinées, mais déjà rongées par l’oubli.
Entre ces surfaces inertes, lentes et patientes, rampent les escargots de bronze. Ils ne sont pas des statues mais des habitants. Ils avancent à travers le champ abandonné, imperturbables, triomphants dans leur fragilité millénaire. Dans l’espace, des néons gribouillés dessinent des nuages instables, griffonnés, comme les vestiges électriques d’un ciel qu’on aurait oublié de regarder. Ils crépitent doucement, diffusant une clarté tremblante, artificielle, presque enfantine.
Entre eu x circule un souffle sonore, comme si le lieu respirait. C’est une déambulation à travers un paysage arrêté, un temps sans récit. Une salle où rien ne se produit, et pourtant où tout advient : l’errance des formes, la lenteur des matières, l’écho d’un monde effacé.
Un lieu où l’homme n’est plus nécessaire, où d’autres règnes prennent la relève, patiemment, silencieusement.
Dans Still Nothing Still, Hugo Cantegrel imagine une ruine qui n’est pas effondrement mais recommencement. Le métal, le bruit, la lueur et le bronze s’accordent en une partition de survivances. Ici, l’immobilité est mouvement. Le vide est peuplé. Le rien persiste.