STILL NOTHING STILL

HUGO CANTEGREL

04.12.25 - 04.01.26

78 Rue des Archives, Paris

       
Le silence s’étend comme une matière.

Ici, le temps s’est suspendu, figé dans l’éclat métallique de l’aluminium et du cuivre. Des plaques dressées, étendues, accrochées comme des fragments d’un monde défait, réfléchissent une lumière froide et spectrale.

Les photographies, imprimées sur métal, paraissent arrachées à une mémoire qui ne nous appartient plus : des images survivantes, obstinées, mais déjà rongées par l’oubli.

Entre ces surfaces inertes, lentes et patientes, rampent les escargots de bronze. Ils ne sont pas des statues mais des habitants. Ils avancent à travers le champ abandonné, imperturbables, triomphants dans leur fragilité millénaire. Dans l’espace, des néons gribouillés dessinent des nuages instables, griffonnés, comme les vestiges électriques d’un ciel qu’on aurait oublié de regarder. Ils crépitent doucement, diffusant une clarté tremblante, artificielle, presque enfantine.

Entre eu x circule un souffle sonore, comme si le lieu respirait. C’est une déambulation à travers un paysage arrêté, un temps sans récit. Une salle où rien ne se produit, et pourtant où tout advient : l’errance des formes, la lenteur des matières, l’écho d’un monde effacé.

Un lieu où l’homme n’est plus nécessaire, où d’autres règnes prennent la relève, patiemment, silencieusement.

Dans Still Nothing Still, Hugo Cantegrel imagine une ruine qui n’est pas effondrement mais recommencement. Le métal, le bruit, la lueur et le bronze s’accordent en une partition de survivances. Ici, l’immobilité est mouvement. Le vide est peuplé. Le rien persiste.